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Le vendredi 20 février 2026, la mairie d’Athiémé a accueilli l’atelier à mi-parcours du projet « Énergie solaire pour la productivité des entreprises féminines et l’autonomisation des femmes dans les zones rurales du Bénin » (Subvention CRDI N° 110443-001). Porté par le Professeur Antoine Élie Padonou, ce projet de recherche-développement, qui s’étend jusqu’en 2027, apporte une réponse concrète à deux fléaux silencieux : la déforestation massive et la pénibilité du travail des transformatrices de manioc.
Dans la commune d’Athiémé, dépourvue de plantations forestières et soumise aux aléas des inondations du Mono, la production traditionnelle de gari est un gouffre énergétique. Comme l’a rappelé le forestier Étienne Tossou, la recherche quotidienne de bois épuise les maigres ressources en palmeraies et accentue les effets du changement climatique.
L’introduction des cuiseurs solaires change la donne. Ces équipements, qui n’utilisent ni bois ni déchets agricoles, permettent de cuire la pâte de manioc sans fumée et sans effort physique épuisant.
L’atelier a été l’occasion pour les doctorants Doris Houssou et Roger Kounou de présenter des chiffres marquants. L’étude révèle que la production de gari dans la zone consomme environ 579,8 tonnes de bois de chauffe par an. Sur une décennie, cela représente l’équivalent de 15 hectares de forêts sacrifiés annuellement.
Au-delà de l’impact écologique, les bénéficiaires témoignent d’un changement radical dans leur quotidien.
Les témoignages recueillis lors de l’atelier sont sans équivoque. Pour Eugénie Sogbossi (Coopérative Egnon) : « Avant, nous partions chercher du bois de chauffe, c’était pénible. Aujourd’hui, nous produisons notre gari sans avoir à chercher du bois. »
Angelina Hounkanlin (Coopérative Lonnava) insiste sur l’aspect sanitaire : « La fumée était très intense et nous tombions souvent malades. Avec les foyers solaires, ces douleurs ont considérablement diminué. »
L’atelier a également permis de valider un modèle économique pérenne. Plutôt qu’une gestion individuelle, l’approche coopérative a été plébiscitée. Ce modèle permet de mutualiser les coûts de maintenance, de générer des ressources pour l’entretien des foyers et de créer des emplois locaux dédiés (fabrication de pièces, gestion de la prestation de service).
Le Secrétaire Exécutif de la Mairie, Élie Tchatchabloukou, a lancé un appel pour que cette expérience fasse d’Athiémé « une référence au Bénin en matière de production de gari avec des foyers solaires ».